Les 5 causes du déclin de la biodiversité

Le climat est devenu le sujet prédominant des discussions environnementales. Et tant mieux car c’est un élément extrêmement important. Mais nous avons tendance à oublier le reste, au premier rang duquel, la biodiversité. Sauf que sans elle, pas de futur. Pas de vie. C’est aussi simple et tragique que ça.

Pourtant, jusqu’à présent, notre futur, on lui a plutôt mis des coups dans les côtes. Alors on aurait pu s’arrêter là. Mais on a préféré continuer à lui taper dessus une fois qu’il était à terre.

Autrement dit, on est en train de massacrer la biodiversité.

Comment ? On pense parfois que c’est à cause du réchauffement climatique. Pourtant, il n’arrive qu’en bas du podium. Alors regardons quelles sont ces causes !

Publié le avril 4, 2022


Explications

Il est très difficile d’évaluer le nombre d’espèces sur Terre en dehors de celles qui sont connues. Certaines estimations estiment qu’il y en a – sans compter les bactéries – près de 5 millions, 8.7 millions ou même jusqu’à mille milliards (avec les bactéries) dans certains estimations. En revanche, près de 2 millions sont déjà répertoriées, et l’UICN (Union International pour la Conservation de la Nature), qui fait référence sur le sujet, en suit près de 138,300Une vidéo Arte reprend parfaitement ces questions.

Pour préciser, chaque espèce suivie est considérée selon qu’elle soit en état de préoccupation mineure, quasi menacée, vulnérable, en danger, en danger critique, éteinte à l’état sauvage, éteinte.

Parmi les espèces menacées, on n’indique pas de nombre pour les insectes car il y a très peu de données – certains avancent 40% mais les critères d’évaluation diffèrent de ceux de l’UICN.

Notons enfin que la catégorie des requins regroupe en réalité requins, raies & chimères (de petits poissons cartilagineux des abysses).


L’IPBES, qui résume l’ensemble des connaissances scientifiques sur les questions de la biodiversité, indique dans son dernier rapport un taux d’extinction de quelques dizaines à centaines de fois plus rapide que la normale.

Une estimation plus récente estime même ce nombre de quelques centaines à milliers de fois plus rapide que la normale.


Une infographie complète est dédiée aux services que nous rendent les écosystèmes ; on parle d’ailleurs de 4 grandes familles de services écosystémiques.

Les services d’approvisionnement (matériaux et produits tirés des écosystèmes), de régulation (processus et phénomènes assurant le bon fonctionnement des écosystèmes), socioculturels (activités et relations immatérielles que l’homme entretien avec la biodiversité) et de soutien (qui assurent le bon fonctionnement des autres services).


La Figure SPM2 du rapport de l’IPBES détaille ces causes ainsi que leurs impacts respectifs sur plusieurs milieux.


Ces informations sont tirées du rapport de l’IPBES (p.12) et de l’évaluation Française des écosystèmes et des services écosystémiques (p.7).

Quelques éléments supplémentaires (de l’IPBES, partie A5 et B):

  • 75 % de la surface terrestre est altérée de manière significative, 66 % des océans subissent des incidences cumulatives de plus en plus importantes et plus de 85 % de la surface des zones humides ont disparu
  • 32 millions d’hectares de forêt primaire ou de  régénération ont été perdus entre 2010 et 2015
  • Environ la moitié de la surface de corail vivant des récifs coralliens a été perdue depuis les années 1870
  • À peine 13 % des zones humides recensées en 1700 existaient encore en 2000
  • la superficie forestière mondiale représente aujourd’hui environ 68 % de son niveau préindustriel estimé
  • La dégradation des terres a entraîné une réduction de la productivité agricole sur 23 % de la surface émergée du globe
  • Plus de 40 % de l’espace marin était fortement affecté par de multiples facteurs en 2008 et 66 % subissait des impacts cumulatifs de plus en plus importants en 2014. Seul 3 % du total était classé comme épargné par la pression humaine en 2014. La superficie des prairies sous-marines a décliné de plus de 10 % par décennie entre 1970 et 2000
  • La forme la plus répandue de changement  d’utilisation des terres est l’expansion agricole, plus d’un tiers de la superficie terrestre étant utilisée pour les cultures et l’élevage.  Cette expansion, en même temps qu’un doublement de la  surface occupée par les zones urbanisées depuis 1992 et un développement sans précédent des infrastructures liées à l’augmentation de la population et de la consommation, s’est principalement faite aux dépens des forêts (en grande partie des forêts tropicales primaires), des zones humides et des prairies.

Source et détails : page 12 (partie B) du rapport de l’IPBES. Notamment :

  • 33 % des stocks de poissons marins sont considérés comme surexploités et plus de 55 % des océans font l’objet d’une pêche industrielle
  • La production de bois brut a augmenté de 45 % (depuis 1970) pour atteindre quelque 4 milliards de mètres cubes en 2017,

Nous vous invitons à vous renseigner sur la phénologie, l’étude de l’apparition d’événements climatiques dans la vie des humains.

Notons ici qu’on voit bien que climat et biodiversité sont deux enjeux liés mais distincts. On peut très bien éviter d’émettre du CO2 et pour autant massacrer toutes les espèces animales.

Notons quelques passages du rapport de l’IPBES :

  • la proportion d’espèces menacées d’extinction du fait du climat se situe à 5 % avec un réchauffement de 2 °C, mais passe à 16 % avec un réchauffement de 4,3 °C. Les récifs coralliens sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques et devraient décliner jusqu’à 10-30 % de leur couverture originale avec un réchauffement de 1,5 °C, et à moins de 1 % avec un réchauffement de 2 °C
  • La couverture de coraux vivants des récifs a presque diminué de moitié au cours des 150 dernières années, un déclin qui s’est très fortement accéléré ces deux ou trois dernières décennies en raison de l’augmentation de la température des eaux et de l’acidification des océans, qui interagissent avec d’autres facteurs, les exacerbant encore

Quelques points issus du rapport de l’IPBES :

  • La pollution marine par les plastiques, en particulier, a été multipliée par dix depuis 1980, affectant au moins 267 espèces, dont 86 % des  tortues marines, 44 % des oiseaux marins et 43 % des  mammifères marins.
  • Plus de 80 % des eaux usées mondiales sont rejetées dans l’environnement sans avoir été traitées, tandis que 300 à 400 millions de tonnes de métaux lourds, de solvants, de boues toxiques et d’autres déchets  provenant d’installations industrielles sont déversées chaque année dans les eaux du globe
  • Bien que les tendances au niveau mondial soient variées, la pollution de l’air, de l’eau et du sol continue d’augmenter dans certaines régions. Ceci peut affecter les humains au travers des chaînes alimentaires. Les émissions de gaz à effet de serre, les déchets urbains et ruraux non traités, les polluants issus de l’activité industrielle, minière et agricole, les déversements d’hydrocarbures et les décharges sauvages de déchets toxiques ont des effets désastreux sur les sols, la qualité des eaux douces et marines, et l’atmosphère.

Éléments de détails de l’IPBES :

  • dans un ensemble de 21 pays pour lesquels on dispose de données détaillées, le nombre d’espèces exotiques envahissantes par pays a augmenté d’environ 70 % depuis 1970
  • La présence cumulative d’espèces exotiques s’est accrue de 40 % depuis 1980, et est associée à l’intensification des échanges commerciaux ainsi qu’à la dynamique et aux tendances démographiques. Près du cinquième de la surface terrestre est menacé par des invasions végétales et animales nuisibles aux espèces endémiques, aux fonctions écosystémiques et aux contributions de la nature aux populations, ainsi qu’à l’économie et à la santé humaine. Le taux d’introduction de nouvelles espèces exotiques envahissantes semble s’accélérer plus que jamais et ne montre aucun signe de ralentissement.



Pour aller plus loin

Sources


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