Que devient le CO2 que l’on émet ?

De nombreuses activités humaines, que ce soit le transport, l’industrie ou la production d’électricité, consomment des énergies fossiles. Celles-ci – que ce soit le charbon, le gaz ou le pétrole – sont majoritairement brulées lorsqu’elles sont consommées.

Et c’est cette combustion qui relâche le carbone présent dans les énergies fossiles sous forme de dioxyde de carbone : le CO2. Mais une fois émis, que devient ce CO2 ? et surtout, quelles sont les conséquences de son émission ?

Publié le octobre 26, 2021


Explications

Ces répartitions sont à l’échelle mondialepour les valeurs concernant le changement d’usage des sols, se référer à l’Assessment Report 6 du GIEC (Figure 5.12). À titre de comparaison, les émissions de CO2 en France sont issues (avec des postes légèrement différents) à 40% du transport, 13% de la production d’énergie, 24% de l’énergie manufacturière, 20% des usages résidentiels et tertiaires.

Attention, ici on ne parle que des émissions de CO2, pas des émissions “CO2-équivalent” qui correspondent aux émissions de tous les gaz à effet de serre une fois convertis en équivalent-CO2.


Source : Frequently Asked Questions : FAQ 5.1 du rapport d’évaluation 6 (2021) du groupe 1 du GIEC (page 30).

Notons juste que le CO2 n’est pas une pollution atmosphérique au sens où on l’entend habituellement : il n’est pas visible et ne constitue pas un danger immédiat pour la santé lorsqu’on le respire.

En ce sens, ce n’est pas une pollution locale mais un phénomène global qui impacte les écosystèmes et la biodiversité – dont nous faisons partie – au travers des nombreuses facettes du dérèglement climatique.


Comme expliqué sur l’infographie concernant les gaz à effet de serre, le CO2 n’ayant pas de processus rapide d’élimination de l’atmosphère, une partie conséquente restera dans l’atmosphère pendant des milliers voire des dizaines de milliers d’années.

Et cette durée de résidence dans l’atmosphère dépendra nécessairement de la quantité qu’on émettra : plus on en relâche aujourd’hui, plus il sera difficile de le capter, et plus il en restera pour des millénaires.


La photosynthèse est évidemment un mécanisme plus complexe que ce qui est présenté ici. On en trouvera une description plus détaillée dans cet article ou cette vidéo.

Mentionnons ici que tant que le bois ne “disparaît” pas, le carbone n’est pas relâché dans l’atmosphère. Dit autrement, une table ou une porte en bois continue à stocker le carbone capté pendant la photosynthèse.

Alors pourquoi dit-on parfois que la déforestation émet du CO2? Pour comprendre, il faut savoir que l’agriculture est responsable de 70 à 80% de la déforestation – suivie par les infrastructures (~10%), l’étalement urbain (~10%) et l’exploitation minière (~7%). Et bien souvent, il est plus simple de brûler pour déforester, relâchant ainsi dans l’atmosphère tout le carbone stocké.


L’acidification des océans est un mécanisme chimique complexe aux conséquences très diverses. On vous recommande l’introduction qui en est faite sur le blog BonPote.

En plus, le séjour du carbone – souvent sous forme d’ions carbonate – est lui aussi un mécanisme complexe introduit dans cet article d’Ocean Climate ou détaillé dans la vidéo du Réveilleur sur le cycle du carbone océanique.

Notons finalement que l’acidification des océans est l’une des raisons de l’érosion de la biodiversité marine. Mais la première est bien la surexploitation (pêche et récolte) des espèces.


La répartition du CO2 entre air et eau est un équilibre complexe qui varie localement en fonction de la température, des courants marins et des sédiments.

Cette répartition dépend du cycle du carbone, notamment la participation des océans à ce cycle. Pour plus de précision, Le Réveilleur y consacre une vidéo sous format court (7 minutes)ou longue durée (54 minutes) pour les courageux.ses.


Ces solutions sont déjà à l’œuvre mais peuvent faire l’objet d’une démarche active pour en favoriser la vitesse. À titre d’exemple, un article de Science suggère que les surfaces émergées encore disponibles permettraient de planter suffisamment d’arbres pour capturer l’équivalent de 25% du CO2 contenu actuellement dans l’atmosphère.

Note : cet article a fait l’objet de nombreux débats, notamment parce qu’il ne sera jamais possible en pratique de planter ne serait-ce que 20% de la capacité totale possible, et que cette capacité reste tout de même insuffisante à l’échelle de nos émissions courantes.


Pour plus d’informations sur ces technologies, on vous invite à consulter les technologies dites de Carbon Capture & Storage (CCS). Il en existe plusieurs types, comme celles qui s’installent directement sur le lieu d’émission (à la sortie des centrales thermiques à charbon par exemple) tandis que d’autres prélèvent le CO2 directement dans l’air.

En plus du stockage, il existe des technologies dites Carbon Capture & Utilization (CCU) dont le but est de transformer le CO2 en co-produit comme du plastique ou du carburant.

Notons qu’à l’heure actuelle, ces technologies n’ayant pas fait leurs preuves, elles ne font pas parties des scénarios envisagés pour réduire nos émissions. À l’inverse, cette réduction se fonde sur deux leviers déjà accessibles : l’efficacité énergétique (réduction de la quantité de CO2 par quantité d’énergie produite) et la sobriété énergétique (réduction de la quantité d’énergie totale consommée).



Pour aller plus loin

Note

La répartition du CO2 émis entre l’atmosphère, les terres (végétaux) et les océans n’est pas fixée ! Elle dépend de nombreux paramètres, notamment de la quantité totale de CO2 émise : en effet, les océans et les végétaux ne sont pas des puits de carbone sans fond. Ils saturent au cours du temps.

Pour cette raison, le dernier rapport du GIEC (AR6 – WPI) a simulé la répartition du CO2 en fonction de différentes quantités émises. Dans les scénarios avec le plus d’émissions, l’atmosphère accueillerait plus de 60% des émissions totales – contre 44% aujourd’hui. Ce qui accélèrerait encore un peu plus le réchauffement – et dérèglement – climatique.

Pour plus d’information, on vous dirige vers la figure SPM 7 (page 28) du Résumé aux Décideurs du Sixième Rapport d’Évaluation du Groupe I du GIEC.

Sources


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