Services écosystémiques

Si l’on vous dit “biodiversité”, il est possible que vous pensiez aux espèces sauvages, exotiques ou encore menacées. Les ours polaires, les tigres ou les éléphants. Peut-être aussi les abeilles ou les oiseaux, dont on dénonce la disparition.

Ainsi, la biodiversité n’est présentée qu’au travers des espèces qui la constituent. Pourtant, le prisme “documentaire animalier” est extrêmement réducteur quand il s’agit de parle de cette biodiversité.

Car un monde sans biodiversité, ce n’est pas juste dommage pour les espèces qui ont disparu.

Sans biodiversité, on ne respire pas.
Sans biodiversité, on ne mange pas.
Sans biodiversité, on ne se soigne pas.
Sans biodiversité, on ne s’habille pas.
Sans biodiversité, on ne se loge pas.
Sans biodiversité, on ne s’émerveille pas.

Sans biodiversité, on ne vit pas.

Publié le mars 15, 2022


Explications


Ces quatre services ont été popularisés par le Millenium Ecosystem Assessment dont l’un des pemiers rapports présente le lien (page 50 – Figure 1) entre ces services et le bien-être humain, lui-même décomposé en sécurité, ressources élémentaires, santé, relations sociales satisfaisantes ; des éléments qui eux-mêmes sous-tendent la liberté de choix et d’action des humains

Un résumé/présentation en Français est fourni par l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN)


Le rapport Millenium Ecosystem Assessment liste (page 41 – Table 2.1) chaque catégorie et sous-catégorie de service d’approvisionnement ainsi que l’augmentation ou la diminution de son usage par les humains, ainsi que la dégradation ou l’amélioration de ce services.

On y retrouve par exemple la nourriture (bétail, pêche, cultures, …) ou la synthèse de médicaments.


Les services de régulation sont à retrouver à partir de la page 42 du rapport : qualité de l’air, régulation du climat, contrôle de l’érosion, …

Des services qui sont quasiment tous dégradés du fait de nos activités.


Pour chacune des catégories de services socio-culturels (page 43), il n’est pas aisé trouver une quantification complète et satisfaisante qui permette de rendre compte de son évolution au cours du temps.

Cet aspect est renforcé par le rôle subjectif et émotionnel de certains de ces services.


Le rôle des services de soutien est plus complexe a appréhender et classer puisque ces derniers sont plutôt des “services pour les autres services”.

Cette raison a amené certaines organisations, comme le Common International Classification of Ecosystem Services (CICES) à ne pas les prendre en raison de leur contribution non immédiate à notre bien-être (voir section 2.7, page 9 du rapport). Pour les plus curieux, on renverra vers l’article scientifique Understanding the role of conceptual frameworks: Reading the ecosystem service cascade (2017).


À titre d’exemple, on considère que la pollinisation – aujourd’hui quasi gratuite – qui est effectué par les animaux pollinisateurs, contribue à la production alimentaire à une hauteur d’environ 150 milliards d’euro, soit 10% de la valeur de la production agricole mondiale.


Impossible de présenter en un visuel l’ensemble des ravages dont nous sommes responsables. Néanmoins, quelques sources pour l’érosion du nombre de pollinisateurs (également ici, ou encore )., d’oiseaux, de saumons, d’insectes,  …

De nombreux indicateurs à retrouver dans le bilan annuel de l’Office Français de la Biodiversité.


Pour bien comprendre que nous ne devons pas percevoir la biodiversité sous le seul spectre des services qu’ils nous rendent, le meilleur commentaire est sans doute celui d’Aurélien Barrau (vidéo) : “ce qu’il faut maintenant c’est comprendre que la vie vaut pour elle-même, c’est de cesser d’instrumentaliser et de financiariser des valeurs qui sont fondamentalement hétérogènes”.



Pour aller plus loin

Sources


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