Rapport spécial du GIEC 2018 – Réchauffement planétaire de 1,5°C

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Rapport spécial du GIEC 2018 – Réchauffement planétaire de 1,5°C

Comprendre les conséquences d'un réchauffement planétaire à +1,5°C ou +2°C.
/ Article scientifique
Débutant / Intermédiaire / Expert

En 2018 est paru le rapport spécial du GIEC, intitulé “Réchauffement planétaire de 1,5°C”. Celui-ci fait partie des trois rapports spéciaux que le GIEC s’est engagé à rendre pendant son 6ème cycle d’évaluation, cycle qui sera clôturé en 2022 par la production d’un 6ème Rapport d’évaluation. Ce rapport présente les conséquences pour la planète d’un réchauffement d’1,5°C de plus, par rapport à l’ère préindustrielle.

Depuis le XIXème siècle, l’intensification des activités humaines et leur industrialisation ont provoqué un réchauffement planétaire d’environ 1°C actuellement. Si la température mondiale continue d’augmenter au rythme actuel, nous atteindrons les 1,5°C entre 2030 et 2052.

Alors, quelles conséquences y aurait-il pour la planète bleue ? Tout d’abord, le rapport spécial du GIEC revient sur deux aspects majeurs de cette question:

  • certaines conséquences du réchauffement ont déjà commencé, il ne s’agit plus de potentialités, mais de réalités (montée des océans, fonte de la banquise, phénomènes météorologiques extrêmes toujours plus fréquents, etc).
  • certaines conséquences se poursuivront sur un temps extrêmement long (plusieurs siècles) et seront parfois irréversibles, quand bien même le réchauffement climatiquement serait limité à 1,5°C.

Parmi tous les risques que la Terre (et ses habitants, humains et non-humains) encourent face à un réchauffement planétaire de 1,5°C, le rapport expose, entre autres, une augmentation du nombre de jours de forte chaleur, une augmentation des températures extrêmes, des fortes précipitations et des risques de crue, des cyclones plus intenses, une élévation du niveau moyen de la mer de 26 à 77 cm d’ici à 2100, la migration de nombreuses espèces marines vers des latitudes plus élevées, la dégradation (déjà entamée) de 70 à 90% des récifs coraliens, l’augmentation de la pauvreté (surtout parmi les populations les plus défavorisées à l’heure actuelle), une diminution des rendements agricoles, etc…

Mais alors comment limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C ? Selon le rapport, il faut d’abord diminuer de 45% les émissions de CO2 dues aux activités de l’homme d’ici 2030 (par rapport au niveau des émissions en 2010). Puis il faut atteindre le zéro, la neutralité, vers 2050.

«Du point de vue des lois de la physique et de la chimie, la limitation du réchauffement planétaire à 1,5°C est possible, mais il faudrait, pour la réaliser, des changements sans précédent», selon Jim Skea, coprésident du Groupe de travail III du GIEC.

Pour le rapport complet (et en anglais), c’est par ici. Mais il existe également le résumé aux décideurs, plus court (32 pages, contre 630 pour le premier) et en français, par ici.

Les plus pressés iront directement aux conclusions titres du résumé à l’intention des décideurs (seulement 3 pages), qui reprend exactement les principaux faits du rapport et ses conclusions majeures. Vous pouvez également vous tourner vers le communiqué de presse du GIEC, ou bien vers le résumé (seulement 7 pages) proposé par l’association Citoyens pour le climat, tout particulièrement si vous êtes encore novice dans le monde de l’écologie.

On vous propose aussi d’écouter une (très) courte intervention de Valérie Masson-Delmotte (Coprésidente du Groupe de travail I du GIEC) qui revient sur l’origine du rapport et ses grandes lignes.

Rappel: mais c’est quoi le GIEC déjà ? Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, ou bien IPCC en anglais pour Intergovernmental Panel on Climate Change) a été créé en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Ouvert à tous les pays membres de l’ONU, le GIEC a pour mission d’évaluer les publications scientifiques concernant les changements climatiques, leurs causes, leurs conséquences et les risques qu’ils comportent. Riche de 30 ans d’activités, le GIEC ne mène cependant pas ses proches recherches: il s’en tient à une compilation et une évaluation de l’état des connaissances sur les changements climatiques. Cet organe est divisé en 3 groupes de travail: le Groupe de travail I (éléments scientifiques du changement climatique); le Groupe de travail II (incidences, adaptation et vulnérabilité) et le Groupe de travail III (atténuation du changement climatique). Bien que parfois critiqué (pour la trop grande timidité de ses conclusions ou encore ses liens trop étroits avec la sphère politique), le GIEC produit tout de même un travail dont le sérieux scientifique est amplement reconnu.