Rapport spécial du GIEC 2019 – Les terres émergées

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Rapport spécial du GIEC 2019 – Les terres émergées

Comprendre comment l'utilisation anthropique des sols joue sur le réchauffement climatique, et vice-versa.
/ Article scientifique
Débutant / Intermédiaire / Expert

Publié à l’été 2019, le rapport spécial du GIEC, intitulé “Changement climatique et terres émergées”, expose en quoi les utilisations des sols par l’homme contribuent au changement climatique, et comment ce dernier impacte les sols. Ce rapport fait partie des trois rapports spéciaux que le GIEC s’est engagé à rendre au cours de son 6ème cycle d’évaluation, ce dernier se terminant en 2022 par la publication d’un 6ème “Rapport d’évaluation”. Depuis l’ère préindustrielle, la température de la surface des sols a augmenté deux fois plus que la température moyenne globale. Cela a déjà commencé à impacter les écosystèmes terrestres, la sécurité alimentaire, et à désertifier plusieurs régions.

Voici quelques grandes lignes développées dans ce rapport spécial:

  • les activités humaines exercent une pression sur les sols (agriculture, élevage, foresterie, etc) et l’on remarque une dégradation de ces derniers, aggravée par ailleurs par le réchauffement planétaire: asséchés et appauvris, les sols ne produisent plus autant qu’avant et n’asbsorbent plus autant de CO2 qu’avant, ce qui aggrave le phénomène de réchauffement (c’est ce qu’on appelle une boucle de rétroaction positive).
  • les risques d’érosion, de désertification, mais aussi de glissement de terrain augmentent, et cela malgré des précipitations plus intenses (car des sols chauds et desséchés n’arrivent plus à retenir l’eau).
  • les fondements de la sécurité alimentaire sont tous menacés par les changements climatiques: disponibilité (baisse des rendements); accès (augmentation des prix, difficultés d’approvisionnement); utilisation (baisse de la qualité nutritive des aliments); stabilité (irrégularité de la disponibilité). Les auteurs du rapport soulignent l’importance du gestion durable des sols pour atténuer autant que possible les phénomènes de désertification, d’appauvrissement des sols, et dès lors réduire les menaces sur la sécurité alimentaire.

Pour lire le rapport complet en anglais, c’est par ici. Pour lire le résumé aux décideurs (toujours en anglais, mais de seulement 43 pages au lieu de 1542 pour le rapport complet), c’est par là.

Pour les non-anglophones, les plus pressés ou ceux qui font leurs premiers pas dans le monde de l’écologie, le communiqué de presse est ici et reprend en 7 pages les très grandes lignes du rapport. Vous pouvez également aller consulter le résumé de ce rapport (8 petites pages) proposé par l’association Citoyens pour le climat.


Rappel: mais c’est quoi le GIEC déjà ? Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, ou bien IPCC en anglais pour Intergovernmental Panel on Climate Change) a été créé en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Ouvert à tous les pays membres de l’ONU, le GIEC a pour mission d’évaluer les publications scientifiques concernant les changements climatiques, leurs causes, leurs conséquences et les risques qu’ils comportent. Riche de 30 ans d’activités, le GIEC ne mène cependant pas ses proches recherches: il s’en tient à une compilation et une évaluation de l’état des connaissances sur les changements climatiques. Cet organe est divisé en 3 groupes de travail: le Groupe de travail I (éléments scientifiques du changement climatique); le Groupe de travail II (incidences, adaptation et vulnérabilité) et le Groupe de travail III (atténuation du changement climatique). Bien que parfois critiqué (pour la trop grande timidité de ses conclusions ou encore ses liens trop étroits avec la sphère politique), le GIEC produit tout de même un travail dont le sérieux scientifique est amplement reconnu.